16 avril 2017

Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais

b-e-a-u-t-é ———— f-o-l-i-e-s

blond vénitien d’un éclat si vif
e l’eleganza gli sorride — ecco
avec aux lèvres un grain de sel
unique, ode dans le défi adouci
tant qu’un lys sait qu’ce rebelle
étend l’accès aux pays endormis

bientôt l’été, la fleur qui fait soif
est un safran aux reflets d’risotto
autrement dit zafferano, en pistil
une hymne écrite à la finesse ici
très proche du cœur, et toi l’élue
écoutes-tu les joies des jeux tus
?

— Miejiriel, mars-avril 2017

10 avril 2017

Le bruit semant des sons

Nous sommes les bruissements dans la forêt du monde,
Les hêtres qui échappent aux hurlements des loups
Qui grondent. Nous sommes la vermine positive qui grignote
Les piliers de l’ancien gouvernail, debout !
Nous sommes les voiles riantes d’un nouveau navire
Qui vole en déchirant les airs, riches d’espoirs.
Debout vers – vers quoi ? Vers les sommets du rire !
Cessons de ramper, soumis si on ne se fait pas plaisir sur la planète
Terre. À croquer des memento mori et des memento vivere
Car chaque lever de montagne est la promesse d’un lendemain sur l’aplat net.

– Miejiriel, avril 2017

31 mars 2017

Là où l'on s'attend

Passerelle qui vibre au vent au-dessus du courant
Les gens marchent sans se presser pourtant
L’air s’emplit du bruit des autos
Puis reflète un ciel gris dans l’eau, tôt.

C’est là où l’on s’attend.

Est-il faux de croire à l’éternité ?
Il faut se mettre à nu − s’déshabiller
Comme la surface de l’eau qui dort limpide et profonde
Pour crever la peur, rendre les choses fécondes.

C’est là où l’on s’attend.

Il existe mille déclinaisons du verbe marcher
Mais le plus souvent chacun fait aller
Son train, d’un point à un autre, est-ce que ça va ?
On enjambe seul ou à deux. Jusque… à… dvienne que pourra.

C’est là où l’on s’attend.

Appuyé sur le garde-fou des limites du pont,
Des limites de soi ; on passe le cap des saisons
Pour déambuler courageusement entre les toits
Et presser dans sa paume l’entrelacs des doigts.

C’est là où l’on s’attend.

Là où l’on ne fait pas de promesses
Car on ne parie pas sur des tresses
La patience étendra son empire au-delà des vestiges
Et déjà elle anime un présent tout armé de vertige.

C’est là où l’on s’attend sans jugement
Pour aller vivre une ère adulte
Où il est permis de briller comme deux diamants
Qui s’éveillent. Le charbon, ils en résultent.

— Miejiriel, mars 2017

27 mars 2017

Vite, est-ce que tu vas vite ?

1 0 0 0 / h — >> s vitesse que tu vas bien vite !
Mille kilomètres à l’heure. À l’heure où le personnage qui vous parle se dévisage et perd son âge, c’est le vent qui dévisse – ni sage, ni malhonnête – et hurle au dehors à mille kilomètres à l’heure. Il souffle et glace les visages d’étain. Alors la vie intérieure perd son fard au moment où les phares quittent la route pour révéler au grand jour ce que l’on écoute : son muscle en forme de roue qui tourne, ce cœur qui bat, de roi semeur d’amour. Il sort juste d’avoir été dans la brume, inondé de bitume amer, et pourtant ça repart déjà sur des chapeaux de roues au-dedans. Du bonheur qui souffle à mille kilomètres heure !
vite, est-ce que tu vas bien ? vite ! s << — h / 0 0 0 1