12 janvier 2012

Vampire


Voilà bien quelques jours, une soubrette accorte
Me tourne tout autour, joue l'attendrissement
Elle n'en a que pour l'anéantissement
De ma chair en amour et me mordre l'aorte

Je n'ai pas vu venir de ses doigts de velours
L'attaque du vampire ni son soulèvement
Et vais bientôt mourir, blessé grièvement
Je rejoins son empire, peut-être pour toujours…

Devenu immortel, foule réminiscence
Envahit tout mon être : ce hochement de tête
Entre mes jambes est tel que je me sens esthète.

Superbe œuvre de maître sur ma proéminence
J'exulte de plaisir sans la moindre défiance
Et lâche le geyser, je n'ai plus de défense !


(Inspiré par des particularité de langue issues d'un cours de linguistique : utilisation des mots « accorte » , « grièvement » et « hocher » dont l'emploi très restreint et limité m'a interpellé)

10 janvier 2012

Désir matinal


(En raison du caractère choquant de ce poème, j'ai appliqué la censure sur certains mots au caractère trop cru. Il est tout de même possible, grâce aux sonorités des vers précédents, de retrouver les mots dont il était question. Et sinon, laissez faire votre imaginaire)

Au creux de mes bras nus tu regardais le vide
Et je m'éveillais juste, les yeux dans l'infini
Oui c'est bien toi que j'eus, quand Morphée fut parti
Appelée ma Vénus, en mémoire d'Ovide.

Loin de moi le désir de calme ou de quiétude
Plutot refaire danser la flamme de ton feu
Comme envie de gésir dans le grand pot-au-feu
Pour laisser libre aller cette vicissitude :

Avaler le mollusque de l'antre fabuleuse
Ou des bulles y faire pour t'envoyer aux cieux
Moins que percer ta chair, étalon capricieux

J'exulte dominer l'indomptable […] !
J'ai trop longtemps usé de la parcimonie,
Viens donques me […], pudique [Anonymie] !

7 janvier 2012

Scénario fantasmatique

Dans un rêve fragile, sans meubles ni tapis
Ma lumière vacille, s'essouffle à réchauffer
La cruelle faucille ; Découvrir, caresser
La morsure docile qui dans l'ombre est tapie.

Que brille le feu noir du désir échaudé
Mon esprit, un miroir : son corps à la bougie
Est léché par les flammes, ses pommettes rougies
Je parcoure une femme, l'entre-monts épilé.

Retour à l'origine, goût de fleur anisé
Toujours moi qui domine, elle est à ma merci
Sous la main virtuose, grain de beauté sexy.

Sur ce piano grandiose la joie oralisée
Reçoit ma symphonie : le bassin se soulève
Au nom de [Anonymie]. Mais ce n'était qu'un rêve… (qui tombe dans l'oubli).

6 janvier 2012

Quai de gare, deuxième jour


La peur me tient en haleine
Grande ennemie de l'amoureux,
Inconnue de l'émotionnel.
Pour celui qui ne veut pas de peine
Simple regard, bise ou baiser langoureux
– « Quelle réaction adoptera-t-elle ? »

La peur te tiens en haleine
Avec les affaires du cœur,
Tu es perdue et sans repères ;
Je sais que tu n'es pas plus sereine
Emplie de la peur d'un baiser plein d'ardeur.
– « Mais quand brisera-t-il cette frontière ? »



Novembre 2010.