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20 juillet 2016

Sonnet Si

Dis, si je te contais l'authentique secret
Qui fait rimer « mon cœur » au rythme du bonheur
Dis, si je susurrais ce souhait très concret
D'unir nos voies, nos vies, dans la joie, de bonne heure

Dis, si je t'embrassais, jolie, avec l'ardeur
Qu'on met dans les prières, rêves et sonnets
Dis, si je chatouillais des lèvres la douceur
− Qu'unis sont aux cieux ces frissons mignonnets −

Dis, si je susurrais à ton oreille, « moi
Je veux étinceler d'être nu, avec toi ! »

Dis, si mes sentiments débordaient mes contours
Et si je te livrais sur l'oreiller, ma lueur,
Que j'ai pour tes doux yeux un frémissant amour
Immense, intense, fort, t'y fierais tu mon cœur ? 



Poêtre Miejiriel, mai 2016

4 juin 2016

Poème temporel 2/ Le futur

Ce poème accomplit l’éclipse de l’absence,
programme l’obsolescence de la distance ;
il fonce à toute allure, propulsé par l’élan
d’un bond dans le futur, comme dans les poitrines
où le saut périlleux de deux cœurs haletants
fait que s’opère en eux le pic d’adrénaline ;
puis dans ce triple axel, s’accélère le temps
fusant comme l’éclair-Paris-Brest pour lier
deux bouches lasses de s’aimer sans se sonder
– que ce choc-là, amer, nous les rapproche encore
qu’il tienne la promesse, enfin qu’il évapore
les secondes restant à franchir à qui s’aiment –
ce brise-distance bricolé qu’est le poème
noue, replie dans sa danse une union nouvelle.

       (en ce qu’il accomplit l’ellipse temporelle)

12 mai 2016

Poème temporel 1/ Le présent

Là surnage le visage tranquille,
du temps insaisissable − qui s'écoule −
la bouche en cœur, sertie d'eau pâle
où la Nixe nue en son bain, flottant
entourée d'agiles carpes, dit « Aime !
… Cueille le jour sur le seuil de l'instant
(sans un regard vers la rive-hier),
aux bordées lèvres émues par cette lente heure !
Caresse du sourire l'étang éphémère
des yeux amazonite de ton âme-sœur,
Cultive la politesse de ses contours,
Parsèmes-y autant de graines de beauté
et de folie qu'au cours du plus beau des séjours.
La vie, ce présent scintillant, vous est offerte »


13 janvier 2015

Lettre du dernier poêtre

Mon cher Alexandrin, je crois qu'entre nous de
Toute évidence quelque chose a été
Rompu, brisé, perdu ; le lien s'est dissipé
Je ne sais où. Ce truc qu'on avait à deux
Me plaisait bien. C'était sympathique, avoue-le
Mais tu récoltais la gloire d'être bien fait
Sur le dos de mon mérite qui s'acharnait
Aussi c'est fini. Je termine là, adieu,
Cette relation intime dans nos lettres
N'est plus comme avant ; mais suis-je encore poêtre
Sans la force de t'écrire à nouveau des vers ?
Plaisir et communication résignés,
Je sens venir la fin et l'alcool à plein nez
Car, ivre de liberté, je quitte l'en-vers

De la vie, du sonnet…


… … … … … … … … … … … … … … … …
Quelqu'un frappe à ma porte et presse la sonnette,
Je n'ai plus rien à faire moi de leurs sornettes,
Ma main est celle sinueuse d'un poète
Qui a vécu son temps, creusé son oubliette. 


13/01/2015

2 septembre 2012

Prince Noir

Le Prince Noir toujours revêt de nouveaux masques
Il rêvait d'un amour qui n'était pas le sien.
Lui voguait sur l'Adour en diable parnassien
En laissant libre cours à son esprit fantasque.

Dans cet amour soudain souffla une bourrasque
Qui dispersa au loin tous les amants malsains
Il resta dans le coin le fameux esprit saint,
Seul digne du velours de son étreinte flasque.

Il voguait sur l'Adour le sombre Prince Noir
Empruntant des détours où l'on sent la menace ;
Elle suivait ses jours d'une ombre bien tenace.

Le périlleux chemin menant à son manoir
Touchait presque à sa fin, qu'on croyait abyssale,
Il y a de l'espoir en cet homme idéal.


Écrit du 24/08/12 au 29/08/12

16 août 2012

La Sirène et l'Aurore

Alors que je m'éveille au dehors je peux voir
La trainée d'une abeille portant des gouttes d'or ;
Sous le bel arc-en-ciel, sourire de l'aurore,
C'est ce flambant soleil qui embrasse le noir.

La superbe sirène échouée sur mon corps
Ouvre des yeux amande, dévoile sa machoire
Puis remue une oreille, égale à un jaguar
Déchaînant ma merveille prête à rugir encore !

Grâce à cette vénus je découvre en mon ventre
Pour la première fois et venus par millions
Sortes frémissements qu'on nomme papillons :
Quelque chose de chaud un peu comme dans l'antre.

La sirène en ce lieu, vient d'assagir le lion :
Plus question de morsure, c'est au tour du scorpion.

(Avec sa queue bien sûr…)

5 mai 2012

Ô, Amsterdam !

Avec tes briques rouges caressant les étoiles
Cette nuit tu m'égares, cité flottant sur l'Ij !
Loin du fameux Rembrandt des etchings et des toiles
Je me guide à l'orange d'un coucher de soleil ;

Déviant sur l'Amstel dans la brume bordeaux
Ton vent gonfle mes voiles jusques aux dessous blancs,
De la sombre ruelle appelée quartier chaud
Et ma vision se voile l'espace d'un instant :

Je me vois nu dansant derrière les fenêtres
Dans un lieu amoral, où c’est moi qui pénètre
Le petit corps de femme qui ne vaut pas cent balles.

Puis c'est dans le vieux port, allongé sur le sol,
Un peu avant l'aurore qu'elle se fait la malle
L'essence de folie, l’ocre des tournesols.


1 mai 2012

Les enfers II/ : Réveil dans l'abîme

Trainé dans ce gouffre de désespoir, hurlant
Dans la vapeur tiède des effluves amères :
Les peaux douces et sucrées, sont répandues à terre,
Corps roses enlacés dans une marre de sang

Parmi tout ces râles, mon corps s'en va cherchant
Le miroir de vapeur au milieu de ces chairs
Consumées de plaisir ; et moi, que puis-je y faire ?
Vil déchet voyageant, j'erre tourbillonnant,

J'ai peine à respirer, l'air est chaud, grave et lourd
Dans cette immense pièce aux parois toutes rouges
Se trouvent des gardiens menaçants de leur vouge.

Je suis le prisonnier de ce monde sans jours
Révulsé par l'horreur des sexes ensanglantés,
D'une extase irréelle mon âme est entravée.

Les enfers I/ : La chute

Le monde s'écroule sous mes pieds, ais-je eu tort
D'attiser le grand feu de cet enfer étrange,
Provoquant Lucifer qui maintenant se venge
Me coupe du monde et m'emmène chez les morts ?

Vous m'avez abandonné à mon triste sort,
Riant de mon échec, inaccessibles Anges !
Figures célestes, j'attends que l'on me mange
Et je tombe, désincarné, plus bas encore.

L'édredon du temps retient alors en son cœur,
Ma frêle silhouette, ombre nue, en errance
Et me porte dans un lieu qui mêle Silence,

Dépravation et mort, désirs charnels ; Douleur !
Une vision, laquelle, imposée à mes yeux,
M'arrache enfin un cri, glacial et silencieux.

12 janvier 2012

Vampire


Voilà bien quelques jours, une soubrette accorte
Me tourne tout autour, joue l'attendrissement
Elle n'en a que pour l'anéantissement
De ma chair en amour et me mordre l'aorte

Je n'ai pas vu venir de ses doigts de velours
L'attaque du vampire ni son soulèvement
Et vais bientôt mourir, blessé grièvement
Je rejoins son empire, peut-être pour toujours…

Devenu immortel, foule réminiscence
Envahit tout mon être : ce hochement de tête
Entre mes jambes est tel que je me sens esthète.

Superbe œuvre de maître sur ma proéminence
J'exulte de plaisir sans la moindre défiance
Et lâche le geyser, je n'ai plus de défense !


(Inspiré par des particularité de langue issues d'un cours de linguistique : utilisation des mots « accorte » , « grièvement » et « hocher » dont l'emploi très restreint et limité m'a interpellé)

10 janvier 2012

Désir matinal


(En raison du caractère choquant de ce poème, j'ai appliqué la censure sur certains mots au caractère trop cru. Il est tout de même possible, grâce aux sonorités des vers précédents, de retrouver les mots dont il était question. Et sinon, laissez faire votre imaginaire)

Au creux de mes bras nus tu regardais le vide
Et je m'éveillais juste, les yeux dans l'infini
Oui c'est bien toi que j'eus, quand Morphée fut parti
Appelée ma Vénus, en mémoire d'Ovide.

Loin de moi le désir de calme ou de quiétude
Plutot refaire danser la flamme de ton feu
Comme envie de gésir dans le grand pot-au-feu
Pour laisser libre aller cette vicissitude :

Avaler le mollusque de l'antre fabuleuse
Ou des bulles y faire pour t'envoyer aux cieux
Moins que percer ta chair, étalon capricieux

J'exulte dominer l'indomptable […] !
J'ai trop longtemps usé de la parcimonie,
Viens donques me […], pudique [Anonymie] !

7 janvier 2012

Scénario fantasmatique

Dans un rêve fragile, sans meubles ni tapis
Ma lumière vacille, s'essouffle à réchauffer
La cruelle faucille ; Découvrir, caresser
La morsure docile qui dans l'ombre est tapie.

Que brille le feu noir du désir échaudé
Mon esprit, un miroir : son corps à la bougie
Est léché par les flammes, ses pommettes rougies
Je parcoure une femme, l'entre-monts épilé.

Retour à l'origine, goût de fleur anisé
Toujours moi qui domine, elle est à ma merci
Sous la main virtuose, grain de beauté sexy.

Sur ce piano grandiose la joie oralisée
Reçoit ma symphonie : le bassin se soulève
Au nom de [Anonymie]. Mais ce n'était qu'un rêve… (qui tombe dans l'oubli).

28 novembre 2011

Discours aux morts

Soutenir le régime et nourrir sa folie,
Entretenir le crime tout en buvant la vie :
C'est le choix de peureux qui n'ont pas d'autre prime
Que de cacher leur honte et adopter le mime.

De rendre hommage aux morts par notre hypocrisie,
C'est oublier leurs torts dans un discours uni
Qu'ils fussent lâches ou forts, Giraudoux l'a bien dit
De parler en leur nom n'a jamais attendri,

Que les faux, les aigris, qui de la Mort ont peur.
Il est temps désormais d'enterrer la terreur
L'arme en main mes amis, révolution ou guerre

Portons devant la vie, espoir d'un nouveau genre
Dont la mort fait partie ; et sans exhibition
Gardons-les en mémoire sans larme ni passion !



Écrit en cours et inspiré par 
le discours aux morts de
« La Guerre de Troie n'aura pas lieu »
de Jean Giraudoux

2 novembre 2011

Solitude (Nymphe)


Solitude et Chaos
ou
Comment Chaos investit Solitude


Désert où le vent souffle, Chaos gronde en silence
Lui qui partout s'engouffre, taquine Solitude
Des tourbillons de sable, il en a l'habitude
Seule face à l'affable, son grand tourment commence :

La nymphe au cœur aimable, perturbée dans sa danse,
Trébuche et tombe à terre entre deux amplitudes ;
Chaos l'irresponsable a peint l'incertitude
Sous un ciel solitaire, il répand sa semence.

Tranquille et recluse, jusque là sans ennuis,
C'est de vive insouciance que brillait son iris
Le démon l'a gagnée, et emplie de ses vices

Le démon fragmenté, au hasard il détruit
Et perdue à jamais, l'immaculée figure
Pour toujours envolée, sa belle chevelure.



Écrit les 30 et 31 octobre 2011.

26 octobre 2011

Accord (Nymphe)

Accord

Comme un vent parfumé hypnotise les âmes
La nymphe Accord descend en ville par un soir.
Une enfant enfermée dans un coin du placard
L'appelle, tremblante, au moyen de ses larmes

Battue par un père pour obtenir ses charmes
La petite éplorée ne voit dans le miroir
Que le reflet de la violence et de ses tares
- Qu'a-t-elle fait pour mériter pareil marasme ?

Répondant à l'appel, la nymphe immaculée
Investit la maison en esprit avisé ;
L'homme brutal, désaccordé, en est ému.

Profondément touché par la grâce légendaire,
Il revient sur ses pas, ouvre son cœur, sa chair :
- Il ne sait pas aimer, il ne le fera plus.