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4 juin 2016

Poème temporel 2/ Le futur

Ce poème accomplit l’éclipse de l’absence,
programme l’obsolescence de la distance ;
il fonce à toute allure, propulsé par l’élan
d’un bond dans le futur, comme dans les poitrines
où le saut périlleux de deux cœurs haletants
fait que s’opère en eux le pic d’adrénaline ;
puis dans ce triple axel, s’accélère le temps
fusant comme l’éclair-Paris-Brest pour lier
deux bouches lasses de s’aimer sans se sonder
– que ce choc-là, amer, nous les rapproche encore
qu’il tienne la promesse, enfin qu’il évapore
les secondes restant à franchir à qui s’aiment –
ce brise-distance bricolé qu’est le poème
noue, replie dans sa danse une union nouvelle.

       (en ce qu’il accomplit l’ellipse temporelle)

12 mai 2016

Poème temporel 1/ Le présent

Là surnage le visage tranquille,
du temps insaisissable − qui s'écoule −
la bouche en cœur, sertie d'eau pâle
où la Nixe nue en son bain, flottant
entourée d'agiles carpes, dit « Aime !
… Cueille le jour sur le seuil de l'instant
(sans un regard vers la rive-hier),
aux bordées lèvres émues par cette lente heure !
Caresse du sourire l'étang éphémère
des yeux amazonite de ton âme-sœur,
Cultive la politesse de ses contours,
Parsèmes-y autant de graines de beauté
et de folie qu'au cours du plus beau des séjours.
La vie, ce présent scintillant, vous est offerte »


11 décembre 2012

Angst vor Clowns

La photo n'est pas de moi est vient d'un tract trouvé à la fac.
Je n'ai pas trouvé de droit d'auteur la concernant…

Haben Sie Angst vor Clowns? - Geschichte eines einsames Kuscheltier:

Ich liege hier voller Hoffnung
neben 'nem Klavier, ich setze nun
und seh' draußen
diese Jungen.

In dem Geschäft bin ich allein
wie der schöne Zaunkönig
in einem goldenen Käfig
kommt hier denn! Kommt hier rein!
und lass mich rauß.

Ich will, dass man mich umarmt
denn ich bin ein süßes Tier
ein Kaninchen ganz nett und zart
komm Kind! Komm zu mir!
ich wär' ein guter Kauf.

Wäre ich ein guter Kauf?
keiner meint es ernst
von mir kriegt jener Angst
und den unendlichen Schluckauf.

Von den bösen Knaben
werd' ich nur ausgelacht
ich bin kein Spielzeug mehr
und renne in mein Verderbern.

- Felix Himmelbauer

16 novembre 2012

Einsamkeit - Solitude

sitzen, schweigen
die Arme verschränken
gesessen, geschwiegen
denn unsichtbar werden

einfach verschwinden
verschwunden
Vers<            >


        ***


Wiederauftauchen
Sich wundern? Niemand merkte, dass er verschwand.

Felix Himmelbauer




S'assoir, se taire
Se recroqueviller
S'être assis, s'être tu
Se rendre invisible

Simplement disparaître
Dis<                           >


            ***


Reparaître…
S'étonner ? Personne ne remarqua qu'il disparut.

25 octobre 2012

Le petit détournement II

Détournement d'une campagne anti-tabac française.

- « Certes, le tabac est dangereux, mais la dictature de l'argent…
Ne nous rend-elle pas esclave des puissants ?
Ne sommes-nous pas tous des enfants asservis, dans le noir ?
Ne sommes-nous pas tous des esclaves de l'argent, leur pouvoir ? »

De ces hommes en costard au faîte de la société,
Tu suceras le cigare pour acheter ta liberté
Car ils ont ce qui t'égares : l'argent qu'ils t'ont déjà volé !


Le petit détournement I

Détournement d'une publicité pour la loterie nationale en Allemagne.
- « Cette moustache, ça ne vous rappelles pas un pirate moins rusé de votre enfance ?
Les voleurs ne sont plus tout-à-fait ces pirates d'autrefois. Ils sont juste plus civilisés. »

Je vous mens allègrement,
Et ça m'est bien égal
Puisque, assurément,
Tout cela est légal.


2 septembre 2012

Prince Noir

Le Prince Noir toujours revêt de nouveaux masques
Il rêvait d'un amour qui n'était pas le sien.
Lui voguait sur l'Adour en diable parnassien
En laissant libre cours à son esprit fantasque.

Dans cet amour soudain souffla une bourrasque
Qui dispersa au loin tous les amants malsains
Il resta dans le coin le fameux esprit saint,
Seul digne du velours de son étreinte flasque.

Il voguait sur l'Adour le sombre Prince Noir
Empruntant des détours où l'on sent la menace ;
Elle suivait ses jours d'une ombre bien tenace.

Le périlleux chemin menant à son manoir
Touchait presque à sa fin, qu'on croyait abyssale,
Il y a de l'espoir en cet homme idéal.


Écrit du 24/08/12 au 29/08/12

25 juin 2012

Polka Préhistorique


C'est une espiègle dessinatrice,
La force des Jedi elle maîtrise !
En faisant, avec son stylo-laser
Magie de dessins d'un autre univers.
En effet, qui a déjà vu sous notre ciel
Nestor le terrible, qui danse la polka ?
T-rex apparu dans un cri : BRRAAAAH !
Infiltré dans ma trousse, ce joyeux bordel.
N'est-il pas mignon le lézard gardien
Et ses dents taille-crayon qui ne coupent rien ?




Petit poème tout mignon, pour illustrer un petit dessin, lui-même répondant à ce qualificatif. Dessins de Clémentine.


25-06-2012

5 juin 2012

Träume sind Schäume

Dans un rêve il était. Dans un rêve d'été. Au vent ses cheveux, à l'eau se jetait le peureux.
Il héla : « Au clai.. de la lune, m'en.. tu Pierrot, ouvre-moi ta porte, pour écrire un mot. » Jolie comptine ?
« - Il a la clef ? J'm'en tartine, moi !
- Non la clémentine. »

Regard des sons cachés. Il est baclé, le poème.

« - Elle est la clef ! Te dis-je.
- Elle est là ! » ... Mais la clé mentit, n’ouvrit pas la porte, ni n'entendit écrire ses maux et ses Jeremiades.

Il est seul, sans la clé… de mi.

Normalement, je ne dessine jamais parce que je ne sais pas faire…
mais comme j'avais gribouillé un truc en rapport avec ça bah… voilà.
Désolé pour cette agression visuelle.

20 mai 2012

Contradiction

Ô fille du Red Light District !

Tu n'es plus blonde, brune ou rousse,
Tu n'es plus asiat', grecque ou russe,
Tu vends ton corps comme un bonbon
Et c'est ton âme que l'on suce.

Ô fille du Red Light District !

Tu n'as à offrir que tes jambes
Tu n'es plus qu'un morceau de viande
Tu vends ton corps à des bouchers
Et c'est ton âme qui débande.

Ô fille du Red Light District !

Tu danses nue, jolie catin
Tu chant'aussi, tête sans teint
Tu vends ton corps, cette chanson
Et c'est ton âme le pantin

Ô fille du Red Light District !

Tu n'as plus rien sans tes produits
Tu n'es pas bien hormis la nuit
Tu vends ton corps en sous vêt'ment
Et c'est ton âme qui s'enfuit

Ô fille du Red Light District !

Tu n'auras bientôt plus vingt ans
Tu ne seras plus comme avant
Tu r'vendras tout pour racheter
Ton corps et ton âme souillés.

Ô fille du Red Light District,
Fuis, tant qu'il en est encor' temps !

***

Mais les poètes de tout temps
T'auront admiré, visité
Auront fait ton apologie
Allant même jusqu'à chanter
Ton nom dans cette poésie.

Inspiré par un voyage à Amsterdam,
Capitale de la prostitution.

5 mai 2012

Ô, Amsterdam !

Avec tes briques rouges caressant les étoiles
Cette nuit tu m'égares, cité flottant sur l'Ij !
Loin du fameux Rembrandt des etchings et des toiles
Je me guide à l'orange d'un coucher de soleil ;

Déviant sur l'Amstel dans la brume bordeaux
Ton vent gonfle mes voiles jusques aux dessous blancs,
De la sombre ruelle appelée quartier chaud
Et ma vision se voile l'espace d'un instant :

Je me vois nu dansant derrière les fenêtres
Dans un lieu amoral, où c’est moi qui pénètre
Le petit corps de femme qui ne vaut pas cent balles.

Puis c'est dans le vieux port, allongé sur le sol,
Un peu avant l'aurore qu'elle se fait la malle
L'essence de folie, l’ocre des tournesols.


23 janvier 2012

Dans les glaces 1/


C'est une petite boule rouge
On se demande qu'en faire
Entourée de glace elle espère
Qu'un jour on la touche, qu'on la bouge

Mais elle est prisonnière
Cette éponge immobile
Elle gèle jusqu'aux doigts très agiles
Et rend cassant, dur comme le fer.

Toute âme s'approchant
Sur la banquise autour
Ensorcelée par le pire tour
Attrape au cœur ce froid mordant

Et meure inévitablement
Sans un souffle, sans un cri
Et silencieusement.

Cette boule c'est un cœur
Pris dans les glaces éternelles
Il lui manque l'étincelle
Du dedans, la grande chaleur

Qui fera fondre lentement
Son double rempart de géant.
(C'est un dieu certainement
Qui l'a laissé béant.)

On glisse sur le plan du monde
Comme entrainé dans une ronde
Mais le sol est froid, déchirant
Encore les petits doigts sanglants…

Illustration de Blue, une amie dessinatrice Ici même
Dont voici la miniature :
Et lien vers la suite théorique : Dans les glaces 2/

6 mai 2011

Pendu

Je suis un vilain bateau
À la voile bariolée
Mon nom est matelot
De l'atrocité

Ma seule arme est une épée
Courbée, un cimeterre
Que je porte comme un noyé
En travers du cœur.

Mon corps est percé de sa lame
Mille fois meurtrière ;

Et, suspendu à un arbre
Avec sa lanière,
C'est là que je demeure.

Dans la couleur blafarde
D'un vieux lampadaire
Je suis pendu en bandoulière !

Et le cuir autour de mon cou,
Et le fer au sein de ma chair
M'ont à présent lavé
De toute agressivité.

Mes armes se sont retournées,
Recourbée ma rapière
On ne me prendra plus
À ces jeux de guerrier.

Et maintenant, je me repens.


Un grand merci à Blue qui a su capturer cet instant de poésie dans ce magnifique dessin :
 

Désolé pour le format "ridicule" que je vous propose. Pour une meilleure qualité, rendez vous à cette adresse
Pour plus de dessins de Blue, une petit tour par ici s'impose.