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11 janvier 2014

Robin des mots

Mon âme est un violon,
Je suis archer de mots
Je défendrai vos droits
Chassant l'inacceptable
Tel sera mon combat
Pour les indéfendables
La veuve et l'orphelin
M'appelleront héros
Car je serai demain
Votre Robin des mots !

23 octobre 2013

Phalle 5/5


Ainsi il rencontra la torride Clara
Qui par un doux baiser mit fin à son tourment
Elle aussi arrivait d'un autre continent.
Voici donc rapporté ce qu'il lui déclara :

- « Madame j'aimerais, si le cœur vous en dit,
Faire avec vous ma vie, être votre dandy
Car c'est en vous voyant que j'éprouvais l'Envie
Et tombais à vos pieds, genou sur le parvis.
En effet, je le veux et ce dès à présent
Car avant vous madame, j'étais le prisonnier
D'un monde inconvenant, mené au tisonnier
Je n'ai que bandé mou, c'était insuffisant !

Mais depuis lors, ma dame, l'antenne est à son faîte
Pointant vers vous son pic de bonne réception
Le fait d'avoir la trique est signe d'exception
Et vous chanterez l'hymne des femmes satisfaites !
Je vous le promets donc à vous et rien qu'à vous :
Très peu d'hégémonie dans nos puissants ébats
Mais le respect de nous, suants de haut en bas
Et l'assurance aussi, d'un sexe au garde-à-vous ! »

Il y avait du cœur dans l'étrange parole
Tout autant que de l'âme en cet hurluberlu
Du sexe industriel il ne soufrerait plus
Car la belle accepta cette modeste obole.

Il ferait de surcroît l'acte sensationnel
En la vallée perdue : la fusion de deux corps
Qui donnerait naissance aux milles enfants d'or
Que l'on espérait plus… Acte providentiel !



Fin

20 octobre 2013

Phalle 4/5

(précédemment Phalle partie 3/5)

Ce que Phalle voulait ce n'était que l'amour
Et le sien fut déçu, il prenait un détour
Le pauvre, on le dit peu, se noyait dans ses pleurs
Il voulut le tuer, enfoncer une lame
Et percer la poitrine, ainsi lui planter l'âme
À cet horrible bougre qui lui broyait le cœur.

Loin d'être nymphomane, Hector l'extravagant
Avait toute une gamme de jouets et de gants.
Dans tout le continent, les gens abasourdis
Proféraient la rumeur qu'ils fussent incivils
Partout où ils passaient et dans toutes les villes
On leur prêtait l'étreinte des charmes interdits.

Et puis à force d'être, pour son fameux Saint Graal,
Gardé jalousement, notre héros attira
Pour sa croix de Jésus, un vilain scélérat
Qui volait des enfants et leur voulait du mal,
Par chance ce goujat n'eut pas un grand succès
Car c'est bien maladroit qu'il le laissa filer.

Courant à perdre haleine, Phalle prit donc la fuite
Il vécut en secret pendant des mois entiers
Masquant au mieux la bosse de son gros robinet
Orphelin esseulé, il arriva ensuite
Aux berges d'un pays sans discrimination
Et où n'était forcée aucune inclination.

(la suite sur Phalle 5/5)

Phalle 3/5

(précédemment : Phalle 2/5)

Que le temps a passé, temps des fabulations
Où je m'en suis allé à Procrastination,
Lieu de toutes les pertes, douce destination
J'en reviens plus alerte et vibrant d'émotion.
Malheur abandonné ! il s'agissait de Phalle
Où l'avait-on laissé ? Dans un pays de mâles !

Il fallait qu'il acquière, et ce, rapidement,
Les dites compétences pour devenir amant
On n'avait pas le choix dans ce monde incongru
Sans universités et vraiment sans catins
On n'avait de métier qu'en roulant des patins
Entre autres facéties par mille fois trop crues.

(L'état préconisait pour les adolescents
Quelque chose d'utile, pas forcément décent.)

Tous étaient obligés, même les moins férus
De se déshabiller au centre d'un manoir
Pour y jouer de la flûte devant un auditoire.
On appelait cela « concert en clé de rut
Pour dos mineurs » ; Notre homme en fut témoin
Il rentra dans le rang, au début tout du moins.

(Chœur :) « Regardez-les danser ! Hauts les Krakens géants !
Déferlante de vagues sur tout le continent. »

Il souffla donc les notes des charmeurs de serpents
Et puis se laissa faire tout réciproquement.
Le film ainsi tourné, s'intitulait « La Dague »
Dans lequel se dressaient de nombreux attributs
Dix longs mois de tournage que Phalle fut fourbu
Au bout desquels Hector, lui offrit une bague.

Il accepta l'offrande manquant ma foi d'entrain,
Peut-être un peu choqué par cet élan soudain ?
Cachalot réservé à ce seul goéland
On lui mit ça l'anneau à la base du gland
Sans oser attoucher à ses douces amandes
Car la vertu d'un homme disparaît s'il débande.

Il pensait qu'être en couple le mettrait à l'abri
Des rapaces sauvages qui ont toujours envie.
Mais cet amant pardi était dominateur
Il passait dans le noir par l'orifice ovale
Ou bien lui faisait boire ce qu'aucune n'avale
Avec moult violence, en « mode gladiateur » !

(ensuite Phalle 4/5)

21 novembre 2012

Phalle (2/5)

Première Partie Ici

Au pays de Testis il n'y a que des mâles,
Et là-bas vit un être rongé par le malheur
Car il est bien le seul à avoir en horreur
Un prénom équivoque et ce prénom c'est Phalle !
En voici donc l'histoire et l'entrée triomphale
Sur un registre unique, de façon magistrale :

- « Mais quel est cet endroit de débauche abyssale ? »
C'est un pays lubrique à cheval sur Sodome
Où l'on est très soucieux d'avoir un gros jouet d'homme
Et où tous ces messieurs ont le derrière pâle.
Mais nous y reviendrons, aux rites sexuels,
Et à l'orientation des plus spirituels.

Laissez-moi introduire l'origine du terme
Qu'on fait ici reluire et rimer avec sperme :
On lui donna ce nom le jour de son baptême
Car il pointait au ciel son fétiche macho
Et croyez-le ou non, c'était un vrai totem
- « Ah que ce pieu est bel, oh le noble artichaut ! »

En fait depuis ce jour, à chaque coin de rue,
L'homme est reconnu pour, entre tous les moldus,
Sa baguette magique : le plus grand des phallus
Des champions de ce monde ; on lui rend la médaille
Du plus vigoureux mât, mais de peu s'en fallut
Qu'on lui coupa le pal et qu'il fit feu de paille...

On pourrait s'étonner qu'il pût même en souffrir
Avant de s'être fait respecter par ses sbires
Mais ce doux monument, lui valut de la haine :
Pour diverses raisons, il se fit un rival
Et nous en parlerons de ce bouc déloyal
Car ces évènements sont bien loin d'être amènes

(suite ici)

14 novembre 2012

Phalle - Incipit (1/5)

Cher lecteur,
Le préambule de ce poème est sous forme d'image car la mise en page autorisée par le blog, et mes connaissances limitées en code ne me permettent pas de conserver les superbes colonnes représentant les bourses que j'avais fièrement réussi à mettre en place dans mon logiciel. Tu m'en vois désolé.
Passés cet avertissement, bonne lecture !



Aux premières mesures, aux notes érotiques
Vous penserez pour sûr que l'homme est indécent
Et flirte avec les mânes, parfois qu'il y descend
Mais ce poème émane du genre de l'épique !

Je vous conterai donc, soyez pleins d'attention,
Ce que les plus prudents ne nomment pas la bite,
La vie d'un monument qui bien souvent excite,
Ses aléas de star, ses pérégrinations.

Suite Ici

15 septembre 2012

La Machine Infernale

Œdipe étant enfant fanfaronnait serein
Jusqu'à ce que l'oracle qui déchiffrait les cieux
Lui révélât crûment un futur pernicieux :
Il commettrait l'inceste et serait assassin.

Pour échapper alors à ce sombre destin
L'adopté du palais s'en alla, prétentieux,
Sans savoir que c'était la volonté des dieux :
Il laisserait son nom dans tous les parchemins.

Lui en rêvait déjà de triompher du Sphinx !
Car comment résister à un cœur orgueilleux
Qui lui dictait toujours d'être le plus glorieux ?
Et plus que d'aventure il foula les chemins.

En frappant au hasard avecque son gourdin
Il heurta dans la rue un passant déjà vieux :
Le roi Laïus, son père s'éteignit sans adieux,
Il ne lui restait plus qu’à gagner les Thébains.

Et ainsi s'acheva sa vie de clandestin :
Triomphant de la bête, il se fit plus odieux,
Entrainé au palais vers cet acte insidieux
Il épousa Jocaste, promise au plus malin.

Et c'est alors en roi, qu'à Thèbes prit son bain
Le héros de l'année, pour autant disgracieux
Qu'avec sa mère et femme il joua les vicieux
Et ainsi il devint le martyr Corinthien.

Œdipe étant un mythe il avait pour dessein,
Nous éviter douleurs et larmes dans les yeux
Car qu'importe la ruse il vaudrait toujours mieux,
Ne pas fuir notre vie : en accepter la fin.

Écrit en mai 2012

15 août 2012

Die Freiburger Bächle

Certains se posent la question
Et d'autres l'auront déjà fait
(Et ils auront raison) :
Pourquoi les « Bächle » sont-ils faits ?
Ô brûlante interrogation !

Ce poème sans prétention
Se propose de vous conter
(En vers, pour la scansion)
L'histoire, peut-être inventée,
De cette antique tradition.

Plus que de simples caniveaux
Ces magnifiques convoyeurs
(Aux multiples fonctions)
Piscines ou réfrigérateurs,
Ne font pas que transporter l'eau !

Ils sont la part d'une légende
Et ont aussi leurs propres mythes
(Dont moult fabulations)
Mais l'explication de leurs rites
Devra encore se faire attendre.

À l'origine faits de glaise
Ils bordaient les petits chemins
(D'une unique région)
Au Moyen-Âge, on le soutient
Et à Fribourg, ne vous déplaise !

**

Parmi leurs utilisations
Il est celle fort à propos
(Par un soir sans tension)
Lorsque l'été s'annonce tôt
D'être à la bière le glaçon.

En second temps nous citerons
Cette eau mystique pour les pieds
(Du Dreisam, l'extension)
Qui est capable de soigner
Tout ce qu'on croit sans rémission.

Ils servent aussi aux marchandises :
À ces bateaux non moins spéciaux
(Sauf quelques exceptions)
Qui se tirent dans le cours d'eau
Où que les enfants s'improvisent.

Ajoutons avant d'oublier
Un verbe tout nouveau "kühlen"
(Ici sans traduction)
Concept très apprécié des jeunes
Qui va de pair avec "chiller"

**

On ne vous dira pas comment,
Le poète bien maladroit
(Par manque d'attention)
Tomba dedans, y marcha droit
Ô l'inéluctable moment !

Il faut le dire après un an
À arpenter nombre de rues
(Tout bercé d'illusions)
Et s'ennivrer sans retenue
Il fallait être défaillant

Sans mettre en cause la cervoise
Au moins une fois dans sa vie,
(Dit la malédiction)
Il faudra donc qu'il se marie
Et épouse la fribourgeoise.

**
Épilogue :

Il en aime une, c'est palpitant
Malédiction, enchantement ?
(C'est quoi cette question ?)
On verra bien mais pour l'instant
En être ivre, c'est important.


Juillet-Aôut 2012

Et pour de vraies infos : Freiburger Bächle

24 janvier 2012

Sweet dreams


Sweet dreams ou la révision du mythe d'Orphée et Eurydice

Going down on a Highway to hell
When everything Fade to black
Between Dust & echoes, there's no sound, no yell.
Down there he's digging out the Dark chest of wonders

Orpheus ist nicht Gekommen um zu bleiben
Intrépide amoureux s'enfonçant dans l'Hadès
Pour y arracher son aimée, sa déesse

I'll never be Heavy in your arms my Layla

The poet at the pendulum der sich im Wasser gespiegelt
Is Still loving you, but stuck in the Labyrinth
And Nothing else matters plus que le destin : Orphée court à sa perte.

Im Zweifel für den Zweifel il se retourne vers Le lac
Brise dans la glace son reflet et Le grand secret qui les unissait :
Le fantôme d'Eurydice disparaît alors à tout jamais
Es ist Zu Spät, Orpheus der misstrauisch war nicht stark
- « Verschwör dich gegen dich, bel inconscient, this is the End of all hope » -

28 novembre 2011

Discours aux morts

Soutenir le régime et nourrir sa folie,
Entretenir le crime tout en buvant la vie :
C'est le choix de peureux qui n'ont pas d'autre prime
Que de cacher leur honte et adopter le mime.

De rendre hommage aux morts par notre hypocrisie,
C'est oublier leurs torts dans un discours uni
Qu'ils fussent lâches ou forts, Giraudoux l'a bien dit
De parler en leur nom n'a jamais attendri,

Que les faux, les aigris, qui de la Mort ont peur.
Il est temps désormais d'enterrer la terreur
L'arme en main mes amis, révolution ou guerre

Portons devant la vie, espoir d'un nouveau genre
Dont la mort fait partie ; et sans exhibition
Gardons-les en mémoire sans larme ni passion !



Écrit en cours et inspiré par 
le discours aux morts de
« La Guerre de Troie n'aura pas lieu »
de Jean Giraudoux

2 novembre 2011

Solitude (Nymphe)


Solitude et Chaos
ou
Comment Chaos investit Solitude


Désert où le vent souffle, Chaos gronde en silence
Lui qui partout s'engouffre, taquine Solitude
Des tourbillons de sable, il en a l'habitude
Seule face à l'affable, son grand tourment commence :

La nymphe au cœur aimable, perturbée dans sa danse,
Trébuche et tombe à terre entre deux amplitudes ;
Chaos l'irresponsable a peint l'incertitude
Sous un ciel solitaire, il répand sa semence.

Tranquille et recluse, jusque là sans ennuis,
C'est de vive insouciance que brillait son iris
Le démon l'a gagnée, et emplie de ses vices

Le démon fragmenté, au hasard il détruit
Et perdue à jamais, l'immaculée figure
Pour toujours envolée, sa belle chevelure.



Écrit les 30 et 31 octobre 2011.

26 octobre 2011

Obsession (Nymphe)

Obsession, fille d'Harmonie et de Chaos

De ton père c'est l'absence de but
Tu veux tout sans attendre diriger,
Et ne peux la patience côtoyer
De ta mère, tu es la plus têtue.

Obsession, tel est ton nom.
Obsession, qu'elle infection !

Une apparition, c'est toi toute nue
Il veut mais ne peut. Prend sa volonté,
Dirige ses pas, irréalité
Hors du cerveau t'échapper ne peux plus.

Obsession, tel est ton nom.
Obsession, une prison.

Obsession, par ton image ensorcelle
C'est torture dominer la raison
Ton souffle dans son cou, malédiction
Et ces charmes sous ton jupon l'appellent

Obsession, tel est ton nom.
Obsession et déraison.

Croque le fruit mûr au bout de la selle !
Obsession, as troublé toute vision,
Ancré ta seule idée : la fellation
Traite-le d'obsédé qui se flagelle !

Accord (Nymphe)

Accord

Comme un vent parfumé hypnotise les âmes
La nymphe Accord descend en ville par un soir.
Une enfant enfermée dans un coin du placard
L'appelle, tremblante, au moyen de ses larmes

Battue par un père pour obtenir ses charmes
La petite éplorée ne voit dans le miroir
Que le reflet de la violence et de ses tares
- Qu'a-t-elle fait pour mériter pareil marasme ?

Répondant à l'appel, la nymphe immaculée
Investit la maison en esprit avisé ;
L'homme brutal, désaccordé, en est ému.

Profondément touché par la grâce légendaire,
Il revient sur ses pas, ouvre son cœur, sa chair :
- Il ne sait pas aimer, il ne le fera plus.

23 juillet 2011

Insolente Quiétude

La nuit soulève des paillettes d'or.
Sous les vœux, des paillettes d'or crépitent.
- Paillettes ou pépites ?

La nuit, les étoiles chantent.
Lésé, toi ? Elles chantent et montrent la voie.
- Lactée ou poussiéreuse ?

La nuit, crémeuse, entend craquer sous ton pied
Les chemins de poussière, par elle illuminés.

La nuit fait rêver les dormeurs.
Ferrés, les endormis exhaussent leurs souhaits.
- Prières ou prophéties ?

La nuit, ceux qui la voient ainsi vivent heureux.
Heureux ceux qui la suivent : la voie de leur cœur.
- Murmure ou sifflement ?

La nuit raconte, elle chuchote des tas d'histoires
S'il fait trop noir, elle réconforte, redonne espoir.

Et quand la nuit accoste aux berges immaculées,
Et que paillettes se fondent en pépite,
Les chants se taisent, tu es sauvée
Car dans mes bras, t'es échouée :

Auberge miraculée. Tapis de fils d'or tissé. Et nos deux corps enlacés.