18 août 2011

« Himmelbauer », ou « l'Artisant du ciel »


Si j'avais un quelconque talent de peinture,
Je n'aurais pour modèle que les cieux

Si j'avais un quelconque talent d'écriture,
Ma plume serait celle de leur bleu

Si j'avais un quelconque talent de sculpture,
J'en ferais à la pelle, des envieux

Et si j'étais un artiste,
J'aurais pour nom de scène
„Himmelbauer“ ou „l'Artisant du ciel“

Surpassant Michel-Ange et ses enluminures,
J'y mettrais des couleurs dignes des dieux

Écrivant en orange toutes les déchirures,
J'allumerais, sous leurs temps orageux,

En soufflant sur des franges aux sombres allures,
De multiples lueurs, des traits de feu.

Et si j'étais un artiste,
Je me ferais appeler
„Himmelbauer, le bien-aimé“.

Et quand enfin, bon dieu, je ferai sans rature
De ces nuages les contours vaporeux,

Et quand enfin, parbleu, je vivrai d'écriture
Sur les rivages de leurs îlots crémeux,

Croquis et encre bleue conteront l'aventure
D'un très grand mage qui défia les dieux.

De Himmelbauer à Himmelmeister,
Simple artisan puis enfin « Maître des cieux »
Surpassant Zeus sans être fallacieux
Je contrôlerais la foudre et le tonnerre,
Pour ne pas dire, tout l'univers !

23 juillet 2011

Insolente Quiétude

La nuit soulève des paillettes d'or.
Sous les vœux, des paillettes d'or crépitent.
- Paillettes ou pépites ?

La nuit, les étoiles chantent.
Lésé, toi ? Elles chantent et montrent la voie.
- Lactée ou poussiéreuse ?

La nuit, crémeuse, entend craquer sous ton pied
Les chemins de poussière, par elle illuminés.

La nuit fait rêver les dormeurs.
Ferrés, les endormis exhaussent leurs souhaits.
- Prières ou prophéties ?

La nuit, ceux qui la voient ainsi vivent heureux.
Heureux ceux qui la suivent : la voie de leur cœur.
- Murmure ou sifflement ?

La nuit raconte, elle chuchote des tas d'histoires
S'il fait trop noir, elle réconforte, redonne espoir.

Et quand la nuit accoste aux berges immaculées,
Et que paillettes se fondent en pépite,
Les chants se taisent, tu es sauvée
Car dans mes bras, t'es échouée :

Auberge miraculée. Tapis de fils d'or tissé. Et nos deux corps enlacés.

3 juillet 2011

Banquet morbide

C'est un banquet morbide
Qui nourrit
De nombreux invités :

La muse délétère
Chante
Une musique mortifère.

Le magicien de vair
Pratique
Une nécromancie guerrière.

Et, au milieu de l'assemblée,
Des hommes au cœur de pierre
Se font
Décharner, réduire en poussière.

À gauche,
Des elfes de papier
Soufflent
Sur tous les affreux grains de terre
Dans l'espoir d'embraser
Le petit tas de cendre amer.

À droite,
Cachée dans les fourrés,
Espionne
La vile crapule sorcière
Qui n'est pas invitée
À ce grand festin débonnaire.

Les corps des mortels, sacrifiés
S'entassent
Sur un lit de fougères ;

Sous le Sequoia toujours vert.

On les a réservés
Pour le grand rituel,
Recouvert d'une ombrelle
Leur vilaines saignées.

Plus tard, dans la soirée
Alors que la magie opère,
Des corps déchiquetés,
Naissent
Un golem, tout entier de chair,
Un autre aggloméré de fer
Et le dernier des pairs
D'un amas de poussière,
Rassemblé.

23 juin 2011

L'esprit

L'esprit est une fenêtre,
Qui ouvre sur d'autres mondes ;
Y crois-tu, es-tu prête,
À y faire ta ronde ?