25 octobre 2012

Le petit détournement II

Détournement d'une campagne anti-tabac française.

- « Certes, le tabac est dangereux, mais la dictature de l'argent…
Ne nous rend-elle pas esclave des puissants ?
Ne sommes-nous pas tous des enfants asservis, dans le noir ?
Ne sommes-nous pas tous des esclaves de l'argent, leur pouvoir ? »

De ces hommes en costard au faîte de la société,
Tu suceras le cigare pour acheter ta liberté
Car ils ont ce qui t'égares : l'argent qu'ils t'ont déjà volé !


Le petit détournement I

Détournement d'une publicité pour la loterie nationale en Allemagne.
- « Cette moustache, ça ne vous rappelles pas un pirate moins rusé de votre enfance ?
Les voleurs ne sont plus tout-à-fait ces pirates d'autrefois. Ils sont juste plus civilisés. »

Je vous mens allègrement,
Et ça m'est bien égal
Puisque, assurément,
Tout cela est légal.


16 septembre 2012

Incantation : La chance

Cette indomptable femme, regarde-là qui danse
Héroïne emportée par un grain de démence !
À la voir remuer on la dirait en transe
Ne la croit pas docile, elle est hasard immense
Car ô combien farouche et pleine d'insolence.
Elle est tienne en ce jour ; on l'appelle la chance…


le 16/09/2012, 
réécrit d'après le souvenir d'un poème sur le sujet
perdu, oublié, puis de nouveau rêvé,
et dont l'idée date du printemps 2011.



Chanceux tu resteras
Ou bien le deviendras 
Car tu en as besoin pour 
Éloigner les dangers, 
De toi…

15 septembre 2012

La Machine Infernale

Œdipe étant enfant fanfaronnait serein
Jusqu'à ce que l'oracle qui déchiffrait les cieux
Lui révélât crûment un futur pernicieux :
Il commettrait l'inceste et serait assassin.

Pour échapper alors à ce sombre destin
L'adopté du palais s'en alla, prétentieux,
Sans savoir que c'était la volonté des dieux :
Il laisserait son nom dans tous les parchemins.

Lui en rêvait déjà de triompher du Sphinx !
Car comment résister à un cœur orgueilleux
Qui lui dictait toujours d'être le plus glorieux ?
Et plus que d'aventure il foula les chemins.

En frappant au hasard avecque son gourdin
Il heurta dans la rue un passant déjà vieux :
Le roi Laïus, son père s'éteignit sans adieux,
Il ne lui restait plus qu’à gagner les Thébains.

Et ainsi s'acheva sa vie de clandestin :
Triomphant de la bête, il se fit plus odieux,
Entrainé au palais vers cet acte insidieux
Il épousa Jocaste, promise au plus malin.

Et c'est alors en roi, qu'à Thèbes prit son bain
Le héros de l'année, pour autant disgracieux
Qu'avec sa mère et femme il joua les vicieux
Et ainsi il devint le martyr Corinthien.

Œdipe étant un mythe il avait pour dessein,
Nous éviter douleurs et larmes dans les yeux
Car qu'importe la ruse il vaudrait toujours mieux,
Ne pas fuir notre vie : en accepter la fin.

Écrit en mai 2012