6 mai 2012

Libertæ Ægalitæ Fraternitæ

Vous aimez bien la France ?
Voici ce que j'en pense :
Vous votez pour un roi,
Celui qu'il vous plaira
Mais vous râlez ensuite
Bande de vieilles biques !

Car aucun d'eux n'est là
Pour tenir ses promesses
Il se les met aux fesses
Et avec un seul doigt !
Tandis qu'avec les autres
Dirige ses apôtres.

Et l'orchestre s'affole
Sous les cris de ce fol
Qu'on nomme président !
On s'en mordra les dents.

Ce concours de beauté
Contre vos libertés
Finira comme avant
Lorsque bien affamés
Vous irez aiguiser
La lame du chang'ment.

Car au pied du palais
Qu'on appelle « Elysée »
On tue le vote blanc,
On tue les mécontents !

Et vous pauvres moutons
Vous suivez cette image
Appelée en jargon
« Mirage des sondages ».

Vous aimez bien la France ?
Voici ce que j'en pense :
Je n'lui dois à mon sens
Ni ma reconnaissance
Ni même cette chance
Que d'étudier en France.

Mets-toi mon vote au fion
Vivent la création
Et la libre expression.
C'est la révolution !

Ma modeste contribution à la république
6 Mai 2012.

5 mai 2012

Ô, Amsterdam !

Avec tes briques rouges caressant les étoiles
Cette nuit tu m'égares, cité flottant sur l'Ij !
Loin du fameux Rembrandt des etchings et des toiles
Je me guide à l'orange d'un coucher de soleil ;

Déviant sur l'Amstel dans la brume bordeaux
Ton vent gonfle mes voiles jusques aux dessous blancs,
De la sombre ruelle appelée quartier chaud
Et ma vision se voile l'espace d'un instant :

Je me vois nu dansant derrière les fenêtres
Dans un lieu amoral, où c’est moi qui pénètre
Le petit corps de femme qui ne vaut pas cent balles.

Puis c'est dans le vieux port, allongé sur le sol,
Un peu avant l'aurore qu'elle se fait la malle
L'essence de folie, l’ocre des tournesols.


1 mai 2012

Les enfers II/ : Réveil dans l'abîme

Trainé dans ce gouffre de désespoir, hurlant
Dans la vapeur tiède des effluves amères :
Les peaux douces et sucrées, sont répandues à terre,
Corps roses enlacés dans une marre de sang

Parmi tout ces râles, mon corps s'en va cherchant
Le miroir de vapeur au milieu de ces chairs
Consumées de plaisir ; et moi, que puis-je y faire ?
Vil déchet voyageant, j'erre tourbillonnant,

J'ai peine à respirer, l'air est chaud, grave et lourd
Dans cette immense pièce aux parois toutes rouges
Se trouvent des gardiens menaçants de leur vouge.

Je suis le prisonnier de ce monde sans jours
Révulsé par l'horreur des sexes ensanglantés,
D'une extase irréelle mon âme est entravée.

Les enfers I/ : La chute

Le monde s'écroule sous mes pieds, ais-je eu tort
D'attiser le grand feu de cet enfer étrange,
Provoquant Lucifer qui maintenant se venge
Me coupe du monde et m'emmène chez les morts ?

Vous m'avez abandonné à mon triste sort,
Riant de mon échec, inaccessibles Anges !
Figures célestes, j'attends que l'on me mange
Et je tombe, désincarné, plus bas encore.

L'édredon du temps retient alors en son cœur,
Ma frêle silhouette, ombre nue, en errance
Et me porte dans un lieu qui mêle Silence,

Dépravation et mort, désirs charnels ; Douleur !
Une vision, laquelle, imposée à mes yeux,
M'arrache enfin un cri, glacial et silencieux.