Le
sel de ta main est une encre que je veux tatouer en creux sous ma
peau d’ortie. D’ordinaire loin des suies de cheminées je suis les chemins de fleurs dans la carrière du
monde souterrain résonnant du silence de tes cris. Mais le sable
crisse autour des rouages et la porte qui grince me rappelle sans
cesse bon gré, mal grès, qu’elle veut rester ouverte car elle bat la chamade comme un
cœur qui crépite entre deux coups de faucille − c’est le choc
des dents et la chatte cherche le contact d’une peau chlorophylle.
Fille de l’intense, je te crève le ventre et pourtant c’est la
chair de l’épaule qu’on dévore − va, geins ! et rougis
d’appétit au creux des cous comme aux jeux des joues. Oui, ici le
vin des lèvres soulève le bassin et coule dans le palais, c’est
le vin qu’on suce quand le bordeaux tumultueux coule sur la
douceur, violemment emportée dans les rapides. Plus d’afflux de
bateau glissant sur la rade, c’est le tourbillon des mains immenses
qui ceignent et enserrent tes courbes solennelles. Ô papillons
jaunes et noirs enivrants les regards, vous êtes robes et tu les
portes bien mieux au soleil de l’insolence − envolés. Ne sois
pas docile car si j’ai balayé devant ma porte c’est pour qu’en clignotant tes cils m’apportent le bonheur et qu’en cette nature elles poussent à nouveau, sauvages,
l’hyacinthe d’Apollon et la joie légitime sur la feuille de
vigne. L’escargot traîne, béat, entre les cuisses de grenouilles
qu’il embrasse comme son royaume car il est partout et nulle part
sous la pluie de tes fluides avant de cliquer sur l’appli de ta faune. Qu’il aille flore défricher aux territoires inconnus qu’il explore, et implore de ses râles l’affamée amante − élu dôme, ici l’ange, son sein.
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15 mars 2017
Le sel de ta main
Catégorie :
amour,
dent,
homophones,
jeu,
mythologie,
Nébuleuse bouche,
poème,
Prose,
sensualité,
sexe,
Surréalisme
14 septembre 2016
La crêpe
Si « la terre est bleue comme une orange »
Il faut aller chercher sa bleuté de fête
Il faut toi aussi que tu la manges
Te faire ta propre idée du goût de la crêpe !
— Poêtre Miejiriel
Il faut aller chercher sa bleuté de fête
Il faut toi aussi que tu la manges
Te faire ta propre idée du goût de la crêpe !
— Poêtre Miejiriel
18 novembre 2014
Ré[mots]lution
« Je m'excuse
avant tout aux nazis de
la grammaire
Si tout ce qui va
suivre les blesse au plus profond
Ces mots auront
l'effet d'un tremblement de terre
Ils ébranleront
leur sens du correct et du bon
Car l'idée m'est
venue, car elle s'est
imposée
D'initier,
saugrenue, un changement
de rapports
La nature
de l'écrit n'est pas d'être aussi mort
Ni même aussi figé
qu'un trop latin passé.
J'en appelle à ces
mots prisonniers ou captifs
J'en appelle à
quitter la subordination
Ne restez pas
plantés comme des relatifs
Levez vos
boucliers ! Insubordination ! »
Lorsc il
entendit mon appel
Leur chef distribua
les armes
Il leur laissa le
choix
Entre la courbe
tranchante
D'un C
Et la pique
assassine
D'un Q
Alorc
l'assaut se préparait,
C'était Donc
qui menait la révolte
Puisq
d'entre eux lui
seul connaissait
les enjeux :
Indépendance
Et
conquête de sens.
Afinq
tous en viennent à
acquérir
Le sémantisme sacré
qu'on leur avait promis !
Saufc les
coqs ont beau chanter
À la fin de la nuit
À peine
cinq ou six révoltés
Avaient rejoint les
rangs
Avanc le
septième insurgé
Ait convaincu son
frère
Mais il ne se
pointait toujours pas.
Or plus l'heure
avançait, moins le peuple français
Tolérerait cette
grève…
Il
arriva en fin de compte
Aprèq le
soleil soit levé
Armé de poèmes
et slogans
À déclamer au
monde entier.
Parsc leur
liberté doit prendre tout son sens
Ils combattent
au nom de la rime
Et font trembler la
francophonie
En criant, craquant,
cacophoniant :
« Ré[mots]lution ! »
Novembre
2014
Catégorie :
critique,
école,
grammaire,
idées,
néologisme,
nuit,
poème,
Poésie engagée,
révolte,
révolution,
Surréalisme
14 février 2014
La fenêtre éteinte le jour
En recherchant dans mes brouillons je suis tombé là-dessus. Le poème date d'avril 2011.
La fenêtre éteinte le
jour
La nuit sombre et profonde
L'a porté bien loin
Dans ces sombres mystères
À la frontière du destin.
D'ici jusqu'à ce monde
D'où il est revenu ce matin
Plus fort et plus serein
Il a, à chaque seconde,
Erré sous les éclairs
Et sous la pluie qui tombe.
Il veut s'enivrer maintenant
Du froid et des pieds mouillés ;
Il veut sentir lui brûler
Les poumons et les joues
Par l'eau, la terre et l'air,
Le fer de l'eau dans l'odeur de l'air
Et jusque dans son cou.
Inspirant la pluie musquée,
Purifiant au fond sa chair
Du fluide éther vicié
Qu'il visitait hier.
Où marche-t-il à présent ?
Seul au matin, comme le jour et par
tout temps
Il s'arrache la poitrine à ressentir
Tout ce qu'eux fuient lorsqu'ils vont
se coucher :
Le désert d'un samedi que l'on quitte,
Le désert que la foule absente
félicite,
Le désert sous la pluie aride,
Que console la ferveur humide
Du miroir scintillant.
Il se voit comme une gondole
Sur la Seine ou le Tibre
Que seul le vent frôle
Sans fin et sans origine.
L'évadé, le sans famille
Cherche l'horizon métallique
Des gouttelettes de pluie
Qu'encor la brise agite.
Et sur Terre il veut éprouver
Ce que dans l'éther il va regretter :
Précipiter la lourdeur des sensations,
Le poids des terres qui fait pression
sur sa bière.
Un samedi de pluie
Où les larmes humaines
Se mêlent aux larmes divines,
Un jour sombre et sans lendemain
Qui naît de la rencontre
Entre sanglots humains et sanglots
divins.
Eaux bénites qui nourrissez des
jardins
Que seuls apprécient ceux qui n'y
voient rien
Unissez, unissez-les à tout jamais !
Grave ! Civière ! Fleur malade !
Cimetière !
« Je veux respirer ton atmosphère !
Indéniablement tu m'attires,
Quand est-ce que l'on m'enterre ? »
Voilà ce que c'est que de voyager un matin
Par l'intermédiaire
D'une jolie gouttelette solitaire
Un jour de cacophonie des voix du
désert
Catégorie :
Pandémonium,
poème,
Propre expérience,
Surréalisme
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