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15 mars 2017

Le sel de ta main


Le sel de ta main est une encre que je veux tatouer en creux sous ma peau d’ortie. D’ordinaire loin des suies de cheminées je suis les chemins de fleurs dans la carrière du monde souterrain résonnant du silence de tes cris. Mais le sable crisse autour des rouages et la porte qui grince me rappelle sans cesse bon gré, mal grès, qu’elle veut rester ouverte car elle bat la chamade comme un cœur qui crépite entre deux coups de faucille − c’est le choc des dents et la chatte cherche le contact d’une peau chlorophylle. Fille de l’intense, je te crève le ventre et pourtant c’est la chair de l’épaule qu’on dévore − va, geins ! et rougis d’appétit au creux des cous comme aux jeux des joues. Oui, ici le vin des lèvres soulève le bassin et coule dans le palais, c’est le vin qu’on suce quand le bordeaux tumultueux coule sur la douceur, violemment emportée dans les rapides. Plus d’afflux de bateau glissant sur la rade, c’est le tourbillon des mains immenses qui ceignent et enserrent tes courbes solennelles. Ô papillons jaunes et noirs enivrants les regards, vous êtes robes et tu les portes bien mieux au soleil de l’insolence − envolés. Ne sois pas docile car si j’ai balayé devant ma porte c’est pour qu’en clignotant tes cils m’apportent le bonheur et qu’en cette nature elles poussent à nouveau, sauvages, l’hyacinthe d’Apollon et la joie légitime sur la feuille de vigne. L’escargot traîne, béat, entre les cuisses de grenouilles qu’il embrasse comme son royaume car il est partout et nulle part sous la pluie de tes fluides avant de cliquer sur l’appli de ta faune. Qu’il aille flore défricher aux territoires inconnus qu’il explore, et implore de ses râles l’affamée amante − élu dôme, ici l’ange, son sein.

5 mars 2017

Vers Je et Tu émue ? 2/

Je,
muet.
Tu,
émue.
Le vers-je est — de tous — le plus éminemment
Personnel, droit, érotique et intime
Et si on l’écoute il veut aller faire des rimes
— Se mettre en couple — avec le seul vers-tu, évidemment
Que la poésie perd ses vers dans le confort, intérieur !
Chaleureux, étriqué dans la douce montagne inversée,
Évidemment que l’afflux étourdissant du jus — eau si électrifiée —
Transperce vers je-tu, remonte où filent les heures !
Et que la soirée unisse un vertige aveuglant,
À demi-mot, la bouche reposant sur l’amas de douceur
Du cou, du coussin et du sein qui, sans excès, s’exprime en perle de sueur.
Se permet-on de réjouir l’instant ?
Tu
est
Jeu
Alors, est-ce que tu joues ? — oui, l’ami !
La vie est joueuse, la joue soyeuse

Et le regard qu’aucun — ne perçoit que l’intéressé.e.

Poêtre Miejiriel — février-mars 2017

15 juin 2016

Aléa de petites odes

Le ténébreux
Même tus, les « ah »
qui vibrent dans moi
chantent l’amour, eux.
Même tue,
la voix connait l’accès aux lèvres :
Les « ah » ténus dans mon cœur d’artiste chaud
où ne s’exprime pas encore
L’intime idée.

Sons
J’erre et migre, au boisé charme de l’aléa, doux secret pour fleurir, l’abri-cœur, le con-fort.

Union
J’aime l’aléa
de cette rencontre, aux « ah » hardis
que je prends contre nos cœurs de lions
sonnants la passion, n’aimant
écouter que les amours retombées en vers.
tu es ancre dans ma poitrine
où je noue l’âme-ange
dans le rayon des corp(s)-(l)ion.

Maint rêve matinal
J’ai maint bonheur providentiel et d’accord,
doux, les visages sont des sires,
et les mains nouent, serrent et désirent
ce maître si haut dans l’à-corps.

L’amour banyan
Ma poésie est celle de l’arbre
tant due au ciel par l’orgueil du tronc
qui souffle ses sons-vers, une hymne en si ténu,
− faites que sa cime ait la mine heureuse au vent −
par la tendresse des rameaux aussi, elle
s’étend sur toi comme un feuillage d’émeraude
tant due à la Terre
où je rhizome lié par la racine
et bois la claire et nette eau

Désunion
Ô être happé par la bouche du métro
je suis tant alenti de ton départ
car à mêler au temps qui passe
ivresse et douceur, vit et ce bonheur
j’en ai perdu le fil des heures.
Mes épaules à mémoire de forme
ont tapissé ma poitrine
de ta présence ocre dans mes bras terre de sienne,
et j’ai rempli mes narines
de ton diffuseur d’amour essentiel
pour mât sage.
Puis j’ai remis un peu d’ordre dans la rivière
car, le lit défait, les appétits sont féroces, les poignets sont fers roses
et les appâts sont des fées, là si on les appelle.
Mais maintenant j’erre et minaude un peu
Car les amours sont fécondes au soleil, sons faits qu’on désire,
malléables amours, sons-fées, ondes à nos oreilles.