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8 juillet 2015

Caracolade

Le poème ci-dessous m'a été inspiré par le personnage de Caracole − et il faut dire qu'il y a de quoi −, troubadour merveilleux dans le non moins merveilleux roman "La Horde du Contrevent" d'Alain Damasio. Merci du fond du cœur cher auteur, pour ce roman !


T'as le vif hurtif Caracole
En verbe et contre tous
Tousse, crache, saute, vole,
T'es l'as des as,
Champion changeant, grand fol,
Ta verve est jamais lasse !

Tel un jongleur de sons cinglant l'élite
Tu souffles ce cas d'école
Caracole, macaque rieur et rimeur
Singeant ce rimailleur
Qu'on appelle Stylite ;
Écrase-le qu'on se moque !
T'as de l'air en stock et du vent par devant
Expire-le vite, lui laisse pas le répit de placer sa réplique
Vas-y mets-le en fuite !

               *    *
                  *

Et l'autre se carapate dans sa carapace
Car il est chassé par ce rapace
D'animal grammatical, feutré,
— Mais où est-il donc passé ?
Le voilà c'est Ornicar, la crécerelle carnivore,
Vive, qu'arrive et qui le dévore
Prête à l'équarrir ce carabin de rival
Ce pantin de carnaval
Qu'a rabattu son caquet sous l'escarmouche finale :
¿' « Je te tranche la carotide ! Avec ce mot, avec ce mot. »




21 octobre 2014

Homo splenis

Celui-là est un homme, ivre mélancolique, ses nuits cependant
Sont agitées et son sommeil troublé
Alors pendant qu'il veille, observe les passants
Et crible des carnets
De notes mélodieuses et torturées ;
Ses Muses et Passions
Sont mûres et noir de jais.

Depuis il erre évanescent, et l'air ainsi transporte
Son spectre maladroitement,
Récite les beaux mots de l'envers.
Il en murmure à l'oreille des dormeurs et des dormeuses
Qui veulent bien l'entendre
Et y verse des rêves en vers ou en pleurs
Qu'il tient de ces nuits blêmes
Où a cherché lui-même
L'or des fées et le voile défait de son aimée
Il est l'orfèvre des vers de rêves
Pour un sommeil sans trêve
Mais bien chargé d'images
Au sens plus élevé.

Hommage
À l'homme de spleen.

11 août 2014

La poétesse

La poétesse, d'où qu'elle vienne
Connaît bien la magie
Des civilisations anciennes
Et prépare les êtres
À traverser la vie
Sans le moindre « peut-être ».

Si le poète,
Ce magicien de tous les jours,
Lui volait la vedette
Alors la poétesse
Qui ose s'avancer,
Elle, est enchanteresse.

Nul besoin de baguette
Quand sa main lui suffit
À dompter la belette,
Femme au poignet agile
Elle augure la rime
Dans l'air du mois d'avril.

Son charme sur les mots
Gagne les cœurs gelés
Et les couvre aussitôt
D'un voile transparent
Dont brille la musique
Et les notes d'argent.

Cet être féminin
Avec ses doigts de fée
Tisse des lendemains
Et tricote un été
De phrases qui guérissent
La sensibilité.

À tous les deux, poète et poétesse,
Confectionnent des sons
Qui se complètent et se caressent :
L'une a l'accent joyeux,
Qui s'élève en les cieux
L'un est un peu plus grave
Comme sa voix est suave

Mais ce qui est certain
C'est qu'avec quatre mains
Ils forgent des prodiges
Pour parer leurs prochains.

Édifiant les contours
D'un monde plein d'images
Ils ne sont pas pourtant,
Au plus haut de leurs tours,
Ni les plus prétentieux, ni les plus sages.


À toutes les poétesses
et aux collègues poètes