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12 août 2020

Les plus beaux des poèmes

Les plus beaux des poèmes sont ceux jamais écrits

Ceux que l'esprit entrevoit l'espace d'un instant

Ceux qui se laissent, au détour d'une pensée traînant,

Approcher au hasard de voyages inconscients

Ceux que l'on fait en rêve avant d'en perdre le récit

Ceux que l'on suit parfois dans le dédale de circonvolutions

Propre à chaque matrice à poésie

Ceux qui nous font l'effet d'une révolution

Avant même que notre cœur artisan

Succède à l'architecte qui en perdra les plans.


Ces poèmes non-faits,

tournés mille fois dans les méandres de l'esprit

modelés, polis, puis jetés sur le seuil de l'oubli

Ces poèmes parfaits

aux sons purs, qui ne sont qu'harmonie,

complétude, paradoxe du silence de leur mélodie,

 

On croit les composer du jour comme de nuit

On croit les posséder, tout comprendre à leurs sons

Au moindre tintement gracieux, aux résonances

On croit en maîtriser l'ensemble des nuances

On veut les capturer dans nos compositions

On se voit en orfèvre de leur alliage de sens,

De sueur, d'ornement, d'oripeau, et de science,

On se croit pousser un marteau et une forge 

On s'entend déjà les clamer à pleine gorge

 

Mais,

 

Sans notes pour les fixer, sans bouche et sans oreilles

Sans eau pour y plonger les vers rouge vermeil

Ces poèmes non-faits, ces poèmes parfaits

Échappent à nos mains, échappent à tout jamais

Et fuient en feux follets que l'audace effarouche

On ne les retient pas dans le vent qui les mouche.

 

Enfin, les vers que l'esprit cherche à recréer

Se perdent. Ils étaient marteaux et rivets, 

Ils étaient enclume et tenaille ; les paumes

Les ont laissé choir en un royaume

Dont on n'emporte rien que des regrets

Des tâches de couleurs, et des poèmes imparfaits.



 

5 décembre 2016

La légende de l'être-nuit

Légende de l’être-nuit

(suggestion musicale)

C’était un soir d’octobre quatre-vingt dix-neuf
Il était un enfant comme tous les autres
Jusqu’à sa transfiguration en être neuf.

— Au dehors,
Le carnage de la tempête écrasait les poutres
Le vent râlait, ce loup vorace,
Et l’orage rugissait, comme un rubis qu’on craque —
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C’était un soir d’octobre quatre-vingt dix-neuf
Il était un enfant comme tous les autres
Rêvant à ses héros — et amoureux d’une fille
— Comme il ne le fut plus jamais —

— Au dehors,
Le carnage de la tempête éclatait les poutres
Soudain ! — un bruit sourd — bris de verre et de coquille —
Et l’arbre qui criait — j’en ai plus rien à foutre ! »
— Avant de se jeter à terre —
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Lorsque le regard du garçon croisa — dans un hasard —
Le zèbre du tonnerre et cent ciels lézardés
— Comme des pur-sang à bout de course
Dans le firmament —
Un éclair s’abattit — avec force et fracas —
Crayonnant la nuit jusqu’à
Lui.
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Ce soir-là —
Il fut frappé d’obscurité magnétique
— d’un coup — de foudre ! —
Il luisit — invisible aux yeux de tous, sauf elle —
Elle — se nommait Électre — lui Silke
Ils devinrent Électrilkes — une seconde —
Avant de disparaitre — tu dis, pars, es — dans un clignotement —
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Ce soir-là —
Lui et la nuit ne firent plus qu’un —
Ce fut l’amour-foudre au premier flash
Les deux paratonnerres fusionnèrent
— Sans un son — en un seul être
Et son corps fut consumé — réduit
en cendres froides —
Phénix — éphémère — dans une éclipse éternelle
Désormais il serait ombre à qui plus rien ne nuit.
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Désormais il serait ombre immortelle,
— une graine de poussière — éclose dans le vide
Désormais il serait ombre immortelle
Dévoreuse des orbes de cauchemars.
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Depuis ce temps on lui prête ce caractère
Impulsif — nocturne — impérieux —
À vif — colérique — mystérieux —
De l'éclair qui jaillit, du jeune foudre qui s'exaspère
Mais aussi
Le calme apparent — la douceur enveloppante —
Le cocon de soir— l’obscure renaissance
De la suprême invitation au songe
— et à déambuler sous la lune —
Comme un voile de nuages
— Sur le navire nocturne —
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C’était un soir d’octobre quatre-vingt dix-neuf — vers minuit
Il était un enfant comme tous les autres
Jusqu’à sa transfiguration en être-nuit.
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L’infini vers ôté de l’infiniment songe.

25 septembre 2015

Cœur des eaux-cyans

— « Mêlez-vous à vos propres liquides
Voyous Infortunés ! sous le vaste océan bouillonnant de trésors
les coquillages sans âge sont pierres précieuses.
Les lames sillonnent,
les lames lacèrent
la surface lisse et longue de l'immensité fluide.
Mêlez-vous à vos propres liquides
Voyous Infortunés ! et ne venez troubler sous le miroir des ciels
les mysmeres innombrables, plus doux que le meilleur des miels. »

Ici-bas le secret des meritoires se mérite :
Les eaux Juveleuses regorgent de joyaux vivants
comme les gouttes d'orages métalliques,
ces perles se font stries sur l'enveloppe d'autres cristaux,
bijoux tombés aux creux des mers-aubes :
sel agité, sable cristallin, pierres célestes et métaux argentins
se couvrent d'écailles œil-de-chat-tigre, se meuvent dans la nébuleuse vert d'iris
et jouent vers la surface la merveilleuse zébrure changeante,
mélodie de lumières étincelantes dans l'onde.


22 août 2014

Écho profane

Sons électriques de cordes et de cuivres,
Notes de vent dans la prairie
Où l'herbe mouillée de la nuit
Vibre avec les tambours des musiciens ivres.

inspiré par Damien,
août 2014