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1 décembre 2016

Toujours le regard

Toujours le regard ensorcelle — aux yeux clairs —
Mais
Le jour se garde d’oser clairement changer tout sel en or.

Journée d’Orcel, le rouge art.

Ne rajouter les ors rouges de ses lèvres qu’aux étincils — si beaux yeux
De son regard en vous, tendu
Comme un fil haut (potentiellement électrique) sauf, ici.

Cello rose en dragée, tu rougis.

Drague, tel un ours lent ? je sors — si eux osent y voir clair —
Mais
Moi aussi j’essaie un peu d’étinceler au jeu sorcier de l’âme ou du hasard.

Jour sans regard, étournelle.

Toujours le regard ensorcelle — aux yeux clairs —
Mais
Le jour se garde d’oser changer pourtant d’univers, celle en or.

17 avril 2016

Phénomène extra-planaire

Phénomène extra-planaire (extrait de Poésie Cosmique - en cours de rédaction)

Aurore planétaire connue de tous
les hivers mâtins
et vécue déjà par le nouveau-né
au seuil de la vie

Peu importent les pourpres mauves roses du vaisseau
et, clarté, là sur la surface interne
du globe qui croît comme nous naissons
Peu importe l’or — angélique silence lancé en l’air —
l'or en jet diffus de ton filament de cœur
aimant qui donne vie au globe de verre
Peu importe ce gris-bleu d’acier
trempé qui couvre de muages en furie
l’aube convexe, l’œil de terre
Peu importe puisqu’en haut de là, des ciels
sans nom il est un spectacle
où l’indicible secret se crée :

Si l’on s’élance hors l’atmosphère
sans bruit vers la muqueuse
confort aux confins de l’éternelle espace
Dans le bain du liquide amniostellaire
qui protège et nourrit, abdomen immense,
mille et un soleillons et planétons
On a, gîte flottant dans le silence sidéral,
l’assurance d’un em-bryon
de vie au cœur du système cocon !
ainsi que le sentiment de sérénité suprême
l'éternelle espace moelleuse sans contours
nimbée d’obscurité, n’est-ce pas ça la mère ? —

Et lorsque advient ce qui les dépasse tous
les matins terrestres paraissent pauvres en couleurs
tristes devant la naissance céleste
d'un point du jour sans égal au sein des galaxies
Voici un lever d'étoile sur Andromède
striant la toile de fond d'une eau rare
une aurore mi-lion de nuance par la crinière
mi-zèbre par le choc des stries survient
Vois, si l’éclatement subtil
de couleurs glissant sur la palette
sans horizon pour découper le regard en deux —
s'étend, attendue, d’allégresse, est telle…

Peu importe alors le fruit fendu
de la demi-aurore qui peine à sortir de terre
Elle laisse place à la robe amplitude de forme légère
taie au drap astral jurant avec la nuit
dans l'intouchable antichambre du grand bassin
Elle, l'espace, à la nuptialité rougeoyante
nudité suprême du phénomène ténu −
vacille en biseau sur son orbe.
Et toi la synapse heureuse en cosmose,
Vois, si les psaumes millénaires accomplis
de l'espace-temps se courbent d'art rose
Quand tant d'actes en ciel réunissent
tant d'arcs en jeux lactés d'empreintes
c'est coi que l'on contemple la nébuleuse-col
orée de l'utopie matricielle.

Puis lorsque l'aube fertile a installé ses satellites
et part semer ses rayons aux quatre vents spatiaux
L'éther est calmé, doux, l'on quitte à reculons l'univers cité
avec dans les globes oculaires
l'image de luth constellé de l'âme.


POÊTRE MIEJIRIEL
(mars 2016)

25 septembre 2015

Cœur des eaux-cyans

— « Mêlez-vous à vos propres liquides
Voyous Infortunés ! sous le vaste océan bouillonnant de trésors
les coquillages sans âge sont pierres précieuses.
Les lames sillonnent,
les lames lacèrent
la surface lisse et longue de l'immensité fluide.
Mêlez-vous à vos propres liquides
Voyous Infortunés ! et ne venez troubler sous le miroir des ciels
les mysmeres innombrables, plus doux que le meilleur des miels. »

Ici-bas le secret des meritoires se mérite :
Les eaux Juveleuses regorgent de joyaux vivants
comme les gouttes d'orages métalliques,
ces perles se font stries sur l'enveloppe d'autres cristaux,
bijoux tombés aux creux des mers-aubes :
sel agité, sable cristallin, pierres célestes et métaux argentins
se couvrent d'écailles œil-de-chat-tigre, se meuvent dans la nébuleuse vert d'iris
et jouent vers la surface la merveilleuse zébrure changeante,
mélodie de lumières étincelantes dans l'onde.


17 septembre 2015

L'ouvremonde

La chaîne massive retient
l'abîme béant gorgé de liquides millénaires.
Son mutisme étoilé est strié de colères
comme les dorures courent sur le blé noir.
L'hiver viendra où la masse se déchaînera, plus sèche que jamais roc ne l'a osé
et sa souplesse fera gronder les estomacs souterrains
au sud de la ligne de fuite planétaire.
On assistera à l'expulsion flamboyante des cris, cristaux brisés sec,
non comme un haut-le-cœur magmatique mais telle une nuque
tendue vers l'azur.
Pendant des chênes séculaires le calme éclaté revient,
océan morcelé, comme un désert sans visage,
Sans image fixe il est miroir des ciels.
Puis,
les vents cosmiques égrenèrent les âmes lors de migrations hors-phase
et nous rentrâmes dans l'air, où les oscillations se superposent.
Aux jours d'argentière et d'île-amour la masse se solidifia,
l'herbe sertie de gemmes et de gouttes de nuit salua notre passage,
la force du feu s'amenuisa sous les ombres
et nous habitâmes enfin nos noms.

Depuis ce temps la Planétaire est terre d'accueil
des astres égarés aux quatre révolutions.


 image trouvée post-écriture
poème : septembre 2015

28 août 2015

Accomplir !

Quelques longues minutes accroupi dans un équilibre précaire entre l'esprit fixe occidentalement ancré sur l'occiput et l'enveloppe de chair vibrant d'une intensité rare. Je suis parcouru d'infimes tremblements musculaires : faire ou ne pas faire ? telle est la tension. Se jeter à l'eau ou rester en appui sur mille et une excuses qui s'accumulent telles les marches d'un escalier de secours ? Le vrai risque, le danger, c'est l'escalier derrière. C'est lui l'ennemi, le « reculer pour renoncer » et puis tu tombes sur une porte, celle de la cave aux regrets. Dire non à l'intensité qui s'étend, même si elle est terrifiante ? La désirer de tout son être, s'y abandonner ? À quoi cela tient-il ? Le désir de vaincre une peur tenace, presque primaire à la croisée des chemins : peur de l'inconnu et peur de l'inaction. Se surpasser, une fois pour toutes ! La profondeur, la densité, l'intensité, l'imprévisible et l'invisible de la vie à venir. Cette peur ne sera plus la peur de la vie. Pendant les dix prochaines minutes, je vivrai pleinement et intensément tout. La boule au ventre, les frissons sur l'échine, la tête tendue vers l'inconnue dimension de vivre. La faim furieuse de l'énergie, tel un îlot à la dérive. Mes mains s'animent et repoussent la roche dure, leur chair rèche a une conscience. Je sèche de peur, je mouille de devenir. Et de plaisir inavoué. En cet instant je vis et je contemple, mort, mon double resté sur la berge. Je suis hors-temps, sans échappatoire, vivant dans l'infini présent. Dans le non-retour du sauteur sans peur et sans remords. Des lames bleues me crèvent les boyaux, couteaux acérés de la surface des mers, et le sel sèche ma viande qui se tortille sous le regard cuisant d'un soleil circonspect. Toutes les dix minutes, je me répèterai « je vivrai pleinement et intensément tout ».

6 juin 2015

À l'été qui vient

Furieuse flèche de feu
À travers
L'espace
Furieuse flèche de feu
Jetée en l'air
Tu passes
Furieuse flèche de feu
Boule de mystère
Sans trace
Furieuse flèche de feu
D'un héros solaire
Dépasse
L'écrin du firmament

Furieuse flèche de feu
Crépitant comme une comète
Furieuse flèche de feu
Dans le ciel
Flamboyant
Furieuse flèche de feu
Flamboyant
Dans le ciel

Tu tombes lentement à Terre
Sans jamais, sans jamais, sans jamais
Que ta pointe ne perce
La pellicule
Le manteau de poussière
Et pourtant, et pourtant
Furieuse flèche de feu
Tu t'émousses, faillis, te disperses
Tu t'écrases tel un pinceau solitaire
Furieuse flèche de feu
Sur la trame de fond
D'un ciel gris clair
Et puis
Sur l'horizon
Avec pour seule oraison :

Ci-gît ma mère que je rejoins,
Peut-être à demain.

06/06/2015

18 janvier 2015

Soleil couchant

Dans le parc il fait froid mais qu'importent les doigts,
Glacés, que plus rien ne réchauffe
Il faut savoir laisser pénétrer la chaleur
Par ailleurs dévolue à l'astre du soleil,
Inspirer l'air gelé, raffermissant les chairs
Inspirer aux autres l'idée de cette nouvelle ère
Où l'on respirerait les rayons du soleil
Perçant toute matière.

Les éclairs de la vie de l'étoile première
Gorgeraient alors les poitrines
D'une énergie nouvelle, élémentaire
Qui tant de regards illumine ;
La bienveillance
Fourmillerait dans chaque organe
Comme l'essence
D'un corps prêt à créer, inventer, diffuser
Une forme d'amour, entre toutes, inédite
Apte à faire frémir les fragiles contours
De celle ou de celui qui l'aurait emmagasiné.
Sentiment furieux, impossible à décrire,
Impossible à garder dans le creux très précieux
De ce corps, ce crâne ou ce cœur ;
Sentiment jaillissant hors-soi
En rayons de plaisir, de joie
De plus qu'on n'en peut être ivre
Même lorsque tout givre autour du mot « hiver ».

Tout tourne, il ne fait plus si froid,
Le soleil va couchant mais pas encore tombé
Car mon corps en rêvant en aurait retenu
Une partie, attrapé et saisit les lances invisibles
Dont il était percé en s'exposant au gré
De sa rotation, en inspirant trop fort et par le nez
Un peu de sa couleur et de ses intentions.

Le soleil, un dieu oriental l'avait jeté
En l'air. Aujourd'hui je l'ai rattrapé
Au vol avant qu'il ne touche la terre.

18/01/2015

6 novembre 2014

Randonnée dans le Vercors

Ce n'est plus le matin et pourtant quelle aurore !
La fraîcheur des genêts se dérobe à ma mine
Ébahie et rosée que midi illumine
Voilà que se dévoile en un concentré d'or
… ? Je ne peux le nommer.

La raideur des forêts se dérobe à ma mine
Ébahie et rosée que midi illumine.
Dans la brume est noyé le plateau du Vercors
Mystique enclave haute en plein cœur de l'Isère
Si je ne vis pas là, je vis dans la misère
Moi qui ai porté loin les lourds os de mon corps
… ? Comment suis-je arrivé ?

Mystique enclave haute en plein cœur de l'Isère
Je vis en toi, tout ce qui cause ma misère.
J'apprécie sur ton dos les monts et les décors
Fantasmes ! Mirages ! Je n'osais pas vous voir
Étiez-vous du voyage ? Terre hallucinatoire,
Haut plateau de verdure, te reverrai-je encore ?
… L'adieu précède le retour.

Fantasmes, mirages, je n'osais pas vous voir
Vous étiez paysage, terre de mille espoirs ;
Le parfum provençal et montagneux d'alors,
Sous ce ciel somptueux tout droit sorti d'un rêve,
Retourne mes racine et vivifie ma sève
Je te veux pour retraite ô plateau du Vercors
… Qui pourra y veiller ?

Sous les cieux bienveillants, cette dernière grève
Recueille et ensoleille âme et ultime trêve.



Octobre-Novembre 2014

21 mai 2014

Le printemps

L'abeille sort au printemps
Pour aller faire son miel.
Elle va partout dans les champs
Sur des fleurs couleur arc-en-ciel.

Le soleil, lui, fait le beau temps
Dans un coin de ma feuille
Et tout le monde est content
Mes dessins attirent l’œil.

Les oiseaux sont chantants
Car ils battent des ailes,
Et dans le cerisier géant
Moi je monte à l'échelle !